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A
la fin des années soixante, un philosophe américain,
Matthew Lipman, raconte dans un court roman l'histoire d'un
groupe d'élèves partis à la découverte
des principes de l'art de penser de manière philosophique.
Ce premier essai, La découverte de Harry, est destiné
aux enfants de 10-12 ans et son thème central est l'étude
des règles de la logique. Le scénario de cette histoire
est la création d'une communauté d'apprentissage au
sein de laquelle chacun prend part à une recherche commune
sur le sens et la vérité de ce qui s'y dit. Avec ce
roman, on peut percevoir l'idée centrale qui va guider la
pratique de la philosophie avec les enfants par la suite : créer
des conditions permettant aux jeunes de penser par et pour eux-mêmes
avec rigueur, cohérence et originalité.
Cette
première expérience se révèle rapidement
si probante que Matthew Lipman la développe avec Ann Margaret
Sharp en créant de nouveaux romans ayant trait à l'éthique,
l'esthétique, l'épistémologie et la politique.
L'objectif demeure le même : permettre aux enfants de participer
à une réflexion animée selon les principes
de la discussion philosophique.
Parce
qu'elle développe la pensée critique, la pensée
créatrice, l'estime de soi et la socialisation de l'enfant,
la pratique de la philosophie avec les enfants connaît aujourd'hui
un intérêt grandissant pour sa contribution à
la formation de la personne en tant qu'individu autonome et libre
et responsable.
Reconnue
par l'UNESCO
comme étant une méthode favorisant une éducation
à la démocratie, cette pratique se retrouve aujourd'hui
dans des écoles d'une soixantaine de pays.
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